Anecdotes

Le vote du 14 février 1911

Après de nombreuses corridas organisées dans des arènes en bois montées et démontées à l’emplacement actuel de la place de la Course, le conseil municipal de Dax vote le 14 février 1911 le principe de la construction d’arènes en ciment armé par 16 voix contre 4. La construction de telles arènes est définitivement votée le 15 juin 1911 par 20 voix contre 4. Une dernière corrida est organisée place de la Course le 29 août 1911. Albert Pomade est l’architecte du nouvel édifice.

(sources : Histoire de la tauromachie à Dax, Patrice Larrosa, 1992)

 

Cartes postales des arènes de Dax - Tous droits réservés Ville de Dax

 

Un sonnet pour l’arène

L’Echo de l’Arène publie ce sonnet de Joseph Napias le dimanche 11 mai 1913 :

« Tributaire, déjà, de toutes les splendeurs :
Votre fleuve d’argent où rôdent les sirènes,
Votre ciel de lapis, vos oasis en fleurs,
Vos « remparts » orgueilleux, vos « sources » souveraines,
L’emprise sur nos coeurs du regard de vos reines
Eperdument hanté d’amoureuse fferveurs !…
… Le destin vous dispense encore ses faveurs, 
En vous laissant, ô Dax, le don de ces « Arènes ».
Salut, Pays du rêve et Terre de l’Amour !
Salut à tes forêts, à tes rives drapées
De la trame d’azur où frissonne l’Adour !…
… Et ton Cirque, demain tout vibrant de réveil,
Verra s’épanouir les rouges épopées,
Parmi le flamboiement magique du Soleil. »

Le 11 mai 1913, lorsque parait ce sonnet très lyrique, les Dacquois s’apprêtent à inaugurer leurs arènes dont la grande histoire va commencer.

 

Les pommes d’Ordoñez et le foie gras de Max Moras

Le 20 août 1967, des sifflets indignés accueillent les toros de la famille Ordoñez ainsi que le maestro lui même, rapporte Patrice Larrosa dans son Histoire de la tauromachie à Dax. Un revistero de l’Aficion écrit : « Plus que douteux pour la corrida, on pourrait les utiliser pour le labour ou l’alimentation ».

Le lendemain, les Dacquois découvrent une étoile, Francisco Rivera « Paquirri » qui éclipse Aparicio et El Cordobès.

L’année suivante, le 18 août, Ordoñez est de retour devant des toros du Marquis de Domecq suspects.

Le 19, il reçoit une pluie de coussins après quelques coups de cape et un retour rapide au callejon à son premier toro et deux oreilles et la queue à son deuxième. Un triomphe après le fracasso.

Quelques mois plus tard, l’empresa de Madrid invite celle de Dax à une tienta. La veille, les Dacquois sont conviés à une réception où se trouve aussi Ordoñez. Soudain quatre maîtres d’hôtels arrivent portant chacun un lourd plateau de pommes. Le cortège se dirige vers Max Moras : « Monsieur le maire, Monsieur Ordoñez nous prie de vous remettre les pommes que vos concitoyens ont jeté dans vos arènes au mois d’août dernier… ».

Le lendemain, après la tienta, un plateau chargé de foie gras et de champagne est apporté à Ordoñez avec le message suivant :
« Voici, cher Monsieur, les objets que vous avez oubliés à la conciergerie des arènes de Dax, le 19 août 1968 ».